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Thomas
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MessagePosté le: Lun 22 Fév - 14:05 (2010)    Sujet du message: Interview Répondre en citant

Paris le 30 décembre 1992.  Le voyage commence. Marcel Ophuls monte à bord de l'Orient Express. Il est en route pour la Yougoslavie, pays en siège depuis huit mois. Le cadre est posé.  D'entrée de jeu, le réalisateur révèle l'essence même de son documentaire «  La première victime de la guerre, c'est la réalité ». Il s'explique.  Veillées d'armes [1992] ne s'intéresse pas au conflit en lui même, il se centre sur tous ces journalistes qui ont vécu le conflit. Reporters, photographes et autres envoyés spéciaux revenus des théâtres d'opération viendront se livrer devant la caméra de Marcel Ophuls.  Le réalisateur en vient à s'interroger avec eux sur le traitement de l'actualité par les médias et sur l'éthique de la profession. A son retour en France, la discussion vient s'enrichir avec l'arrivée de politiques et autres intervenants qui côtoient le monde médiatique.


Arracher la vérité
11 000 personnes tuées, 50 000 autres blessées, une moyenne  de 329 impacts d'obus par jour. Ces chiffres  témoignent de l'ampleur du conflit de Sarajevo. Mais ils ne sont qu'officiels. Qu'en est t 'il du non- officiel ? La réalité dérange les gouvernements en place, elle est l'essence même du combat des correspondants de guerre: se battre pour informer le reste du monde - «  montrer contre la censure, contre le patriotisme, ce qu'est vraiment la guerre » ( Marcel Ophuls). Si l'on peut le désigner ainsi, le correspondant de guerre est  « une race spécifique » de journaliste. Premier constat : il est toujours volontaire. Comme l'indique Ryszard Kapuscinski, correspondant étranger, à ses heures reporter de guerre «  on ne nous oblige pas à partir sur une zone de conflit. » Même si volontaire, le reporter de guerre est sur le qui-vive - « Je peux recevoir un coup de fil à 6h et je suis partie à 9h. Je suis donc obligé d'avoir quelqu'un en permanence à la maison.  ». http://www.youtube.com/watch?v=yEFrwIKbKeE l'interview d'Ana Nivat, reporter de guerre et maman.
Communiquer dans un pays en guerre n'est pas chose facile. La censure, la barrière de la langue, le gouvernement en place, l'armée et le danger omniprésent encerclent les journalistes. A son arrivée sur le sol étranger, il doit se constituer un réseau de connaissances et de partenaires qui vont lui permettre d'accéder plus facilement à l'information.  Les ambassades, institutions et bureaux de presse, ne sont pas les lieux privilégiés des journalistes. Faute de fixeurs ou traducteurs ( qui coûtent cher aux rédactions),l’entraide entre collègues reste la meilleure façon de récolter l’information.
John F. Burns, correspondant du New York Times rencontre une journaliste allemande «  elle vient de me mettre au courant de la situation et des conditions de vie ». La débrouillardise est une qualité chez les reporters de guerre » . Le manque de moyens est souvent pesant . Martine Laroche Joubert s'offusque «  un reporter de guerre est moins bien payé qu'un présentateur télé. » «  Je ne peux exercer mon métier que grâce aux allocations familiales » «  les Rédactions payent pour des émissions de variété débiles mais pas pour des voitures blindées”
Ce qui lie cette famille de journalistes: la fascination de la guerre  « le matin quand vous vous réveillez vous ne savez pas si le soir vous serez toujours là : c'est excitant”( Marchand). Deuxième constat, intrinsèquement lié au  précédent : le reporter de guerre n'hésite pas à mettre sa vie en jeu pour l'information.   La guerre laisse des marques «  il est difficile de retourner à la vie normale après Sarajevo », le témoin du conflit est souvent une victime : le journaliste de Libération qui a perdu une jambe ou le journaliste de CNN qui a reçu une balle dans le visage en témoignent.  Pour ces cibles, des snipers : la chance est leur unique alliée«  Recevoir une balle, perdre une jambe, ou mourir, ça peut arriver. On doit écarter le «ça ne m'arrivera pas »La technique des snipers est toujours la même. Ils font une victime, attendent que les secours arrivent et tirent”(John F. Burns) .  Si la situation devient trop critique, rationnellement, les journalistes cessent de jouer avec le feu. Ils restent à l'hôtel “  Hollyday Inn, c'est le camp retranché des journalistes”. ( Marcel Ophuls) - “ En deux mois à Riad, je suis seulement sorti deux fois de l'hôtel” ( Hilary Brown).
Devant une telle prise de risque , l'on peut se demander si la fascination de la guerre mène t'elle à l'insouciance ? A ce sujet, le propos de John F. Burns reste troublant “ on a tout dans un sujet de guerre, presque jusqu'à s'amuser.”“ de temps en temps on peut ressembler à des militaires, dans la vocation “ ( Patrice de Tertre ). Ici le journaliste a changé de rôle . Cette idée peut se poursuivre avec les journalistes qui transitent à bord de voitures blindées. Si certains reporters le cautionnent, pour d'autres le journaliste doit se mettre au même niveau que les populations.    « Quand on interviewe quelqu'un avec le casque, on ne fait que  mettre de la distance » Membre de la famille des reporters de guerre,  Marine Laroche Joubert concède  «  les reporters sont des gens angoissés qui apaisent dans les guerres leurs conflits intérieurs » .



Le reporter de guerre est t'il inconscient ?
Le reporter de guerre , toujours volontaire : « On nous paye pour aller sur le terrain, on n'est pas obligé d'y aller » ( Patrice de Tertre)  ,appartient à cette race à part de journalistes ,ceux qui sont curieusement fascinés par la guerre .Ils savent qu’ils ne sont pas légions à s’approcher au plus près des zones à risque ,sur le vrai front ,voisinant avec les militaires . Cependant, les journalistes qui suivent les militaires doivent être conscient du danger. Comme l'indique la convention de Genève « Un journaliste peut cependant perdre, non son droit à la protection que lui confère son statut de civil, mais sa protection de fait, s'il suit de trop près une unité militaire. Il ne pourra plus se prévaloir de la protection qui lui est due puisque l'unité en question est un objectif licite d'attaque pour l'adversaire ». A l'époque du tournage de Veillées d'armes, les reporters de guerre ne semblent en général pas prêt à affronter la guerre.

Regarder ,filmer ,transmettre et craindre pour sa vie ,même casqués ou en pseudo sécurité,  dans une voiture blindée  « ne pas être sûr de retrouver son lit le soir ,croire en sa chance ,c’est aussi jouer avec le feu « .Connaître la peur ,la ressentir au plus profond de son corps ,la rechercher même sont les tâches périlleuses à laquelle s'emploie les correspondants de guerre.… Ce type « d'héroïsme » est souvent critiqué – on reproche à ces journalistes de prendre des risques inconsidérés. En effet, aux yeux de nombreux reporters de guerre, la recherche exacerbée du scoop, du témoignage, de l'image prévaut sur la sécurité. « Pour un 2,45 minutes, on a risqué nos vies » ( Patrice de Tertre ) ». Un bon journaliste est celui qui cultive la conscience de la sécurité: prévoir, se préparer, observer ce qui se passe et réfléchir à ce que cela signifie. Pis encore. En recherchant absolument l'image choc. Le journaliste qui se doit seulement de raconter l'histoire, peut, par ses actions, devenir l'histoire. Dans certains, ce type de comportement, peut se traduire alors au détriment de l'information. De même, certains journalistes peuvent mettre en danger la vie de leurs intermédiaires : camérans, chauffeurs, traducteurs, fixer. « On est bien obligé de faire des images, le grand danger c'est quand le caméran fait un plan , il doit se lever et pas bouger. En plus, de loin, une caméra peut ressembler à une arme » (Patrick Chauvel).
Se sentir différent ,fier est un sentiment qui lient de nombreux journalistes de guere. Dans un reportage de guerre, le journaliste va au bout de lui même. Ces hommes se surpassent pour saisir l’image le témoignage :tout raconter . Certains, parviennent à mettre plus de distance. «  Je n'ai pas forcément envi de montrer ma tête à la fin du reportage. Il m'importe de savoir que les pensent que je suis courageuse  » ( Martine Laroche Joubert)
Mais la guerre laisse des marques ,des traces ,il est difficile de rentrer ,de partir, revenir à la vie normale ,se désintoxiquer ,se réadapter ou retourner vers une autre zone de conflit … ». Face à cette prise de risque, la remarque d'Alain Finkielkraut est intéressante «  Au journal télévisé, la Yougoslavie passe toujours après le sport. Surtout quand ce sont les français qui gagnent ». Face aux risques inconsidérés que prennent les journalistes, on peut se demander si un reportage de 4 minutes vaut la peine de mourir? Comme l'indique Balladur «  la deuxième guerre mondiale, si on avait su, on aurait peut être fait quelque chose. Maintenant, ce qui se passe dans le monde, on le sait, et cela ne change rien ». Bien que les médias marchent sur l'émotion, la loi de la proximité de l'information donne toujours raison. Même si les médias suivent le sensationnalisme des images «  si on impressionne les gens, peut être nous pourrions contribuer à rendre le monde plus solidaire. » A ce jour, les propos de PPDA semblent naïfs . Malheureusement, le journalisme de guerre a encore de beau jours devant lui. Comme l'indique Patrick Chovel « Si je faisais que du photo journalisme, je serai plutôt pessimiste, parce qu'on est pas prêt d'être au chômage avec ce toutes ces guerres qui éclatent dans le monde. »






J'ai trouvé sa pas mal et en plus y a une super photo avec Wink


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MessagePosté le: Lun 22 Fév - 14:05 (2010)    Sujet du message: Publicité

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